Milan Poche, Grand Romans 2008

A partir de 10/11 ans

Cybèle n’en croit pas ses yeux. Elle, petite lycéenne parisienne, simple invitée sur un chantier de fouilles en Égypte, vient de découvrir un témoignage inestimable : des lettres, écrites par Hathor la Nubienne, une suivante et amie de la jeune Néfertiti. Émerveillée, Cybèle découvre la vie et les secrets de la Néfertiti la mystérieuse, dont elle se sent étrangement proche…

Une découverte passionnante des jeunes années de Néfertiti, qui se donne à lire comme un reportage, en direct du palais du pharaon Aménophis III, dans un subtil va-et-vient entre passé et présent …

L'énigme Néfertiti

   


Pourquoi ce livre ?

Tout commence avec Néfertiti. La fascination durable que j’éprouve pour elle, et pour son époque. Une fascination que je partage avec beaucoup d’autres… Néfertiti la Belle, la Bonne, la Parfaite (le mot « nefer » est à sens multiples…). Néfertiti reine d’Égypte.

J’ai beaucoup lu sur elle, j’ai beaucoup réfléchi à son propos, et malgré toute la documentation que j’ai ingurgitée, et toutes les théories plus ou moins crédibles et plus ou moins justifiées qui ont fleuri à propos de sa vie et de sa personnalité, malgré ses portraits sculptés et les faits qu’on connaît d’elle, cette femme reste un mystère. Et c’est cette « opacité », ce mystère que j’ai eu envie de « mettre en scène » pour mes lectrices et lecteurs. Quand je pense à Néfertiti, c’est son beau visage un peu triste surmonté d’une couronne bleue qui m’apparaît immédiatement. Celui du célébrissime buste en couleurs conservé au musée de Berlin, qui la montre reine et épouse adulée du pharaon Akhénaton… Mais qui était-elle avant ? Enfant, puis jeune fille ?

J’ai eu envie de l’imaginer à l’âge de mes lecteurs et lectrices. À 15 ans.

Au moment où, adolescente, elle est à la croisée des chemins…
Elle vit au palais de Malqatta, sur la rive ouest du Nil (du côté des morts… et des dieux !), à la cour de l’équivalent du Roi Soleil (d’ailleurs, c’est comme cela qu’il se fait appeler), Aménophis III le Magnifique.

Un palais surpeuplé (de femmes en particulier, puisque rien que le harem doit compter plus de mille femmes) et bruyant, où le fait de pouvoir s’isoler est un luxe. Un palais nouvellement construit, qui reflète la puissance de Pharaon, où l’or et l’électrum brillent partout, où le raffinement et l’art de vivre ont atteint des sommets, où la recherche de la Beauté et des plaisirs est le passe-temps préféré. Un lieu de pouvoir, aussi, où les intrigues se nouent et se dénouent, où les ambitieux combattent dans le secret.

Deux ou trois choses que l’on sait (ou croit savoir) de Néfertiti, et qui servent de squelette au récit.

Néfertiti est (très probablement, mais sans réelle certitude), la fille d’Aÿ, le frère de la Grande Épouse Royale Tyi. En tant que nièce de la Reine, elle doit avoir été élevée au moins une bonne partie de son enfance dans l’entourage de Pharaon, donc au palais. Elle n’est pas fille de Roi, tout en faisant partie de la famille royale, et étant donc l’une des plus nobles parmi les Nobles. Elle est belle. Elle a une voix « qui charme ». Elle est intelligente. Elle est indépendante. Elle a de l’ambition. Elle semble avoir été réellement amoureuse de son mari et l’avoir «affiché» (une rareté à l’époque). Elle fut Grande Épouse Royale, donc la vraie reine. Mais peut-être aussi corégent et même roi. Elle fut divinisée de son vivant, tout comme son mari. Elle fut sans doute l’une des femmes les plus puissantes de toute l’histoire de la civilisation égyptienne !

Je n’ai pas eu envie de faire parler Néfertiti à la première personne.

D’une part, je l’avais déjà fait, il y a plusieurs années, pour une « autobiographie romancée », écrite en collaboration avec mon mari, et publiée dans la collection « Moi, Mémoires » chez Casterman.
Mais surtout, il m’a semblé plus intéressant de passer par l’intermédiaire d’une « étrangère », une (relativement) nouvelle venue au palais de Malqatta, qui présente l’énorme avantage de tout regarder avec une curiosité et une fraîcheur toujours en éveil, de pouvoir tout décrire, y compris Néfertiti, et de nous en faire profiter.

J’ai donc choisi de faire raconter l’histoire de Néfertiti jeune fille par une « amie ».

D’en passer par une amie permet de se sentir plus proche de cette jeune fille extraordinaire, si loin de nous dans le temps, dans l’espace, et dans les mœurs, qui vit une période extraordinaire, à l’apogée de la civilisation égyptienne. Mais aussi de la voir vivre et réagir au quotidien, d’être à l’écoute de ses réactions émotionnelles et affectives.

J’ai choisi une Nubienne comme « amie » de Néfertiti. Pourquoi ?

De nombreux enfants de rois et chefs de contrées ou de peuplades soumises à l’Égypte sont à cette époque élevés au palais, dans l’école du Kep. Ils servent de garantie pour s’assurer la tranquillité de leurs parents, et de fer de lance de l’« égyptianisation » de leurs peuples une fois rentrés au pays, où ils occuperont des postes importants dans l’administration égyptienne. La Nubie voisine est égyptianisée depuis fort longtemps, mais elle vient de connaître une véritable autonomie, un âge d’or, avec des chefs locaux qui ont créé un véritable royaume, qui fut une grande puissance pendant plusieurs siècles, les rois de Kerma. J’en ai fait une descendante des vassaux de ces rois. Une princesse de Shaât. Une (presque !) « égale » de Néfertiti.

J’avais envie de mettre en valeur le côté cosmopolite de la cour égyptienne, de confronter Néfertiti et les autres courtisans avec une étrangère (racisme et xénophobie sont de tout temps…), et d’introduire un peu d’« africanité » dans mon histoire. Et puis, aussi bien Aménophis IV que Néfertiti ont eu une affinité particulière avec la Nubie. Aménophis y fera son premier voyage de corégent, il y fêtera le jubilé de son père et y construira un de ses premiers temples à Aton. Il songera même à y édifier sa ville nouvelle. Néfertiti, quant à elle, introduira à la cour la mode de la perruque de style nubien… Et la façon de se parer et de se vêtir n’est pas du tout anodine à l’époque. Elle est même hautement symbolique…

Qui est cette Nubienne ?

Hathor la Nubienne est, à l’origine, une danseuse « professionnelle », consacrée depuis son plus jeune âge à la déesse Hathor (déesse de l’amour, de la beauté, de la musique, déesse des pays lointains, et protectrice des morts) que vénèrent aussi les Nubiens (les Nubiens ont intégré bon nombre de dieux égyptiens, ce qui ne les empêche pas d’avoir gardé un vieux fond d’animisme).
Elle a 15 ans, comme Néfertiti. Elle vit depuis 2 ans au palais d'Aménophis III. Elle est élevée dans l’institution du Kep, l’« école » du palais, où se côtoient enfants de Pharaon, fils de courtisans et enfants de princes ou de rois de pays soumis à l’Égypte (ils servent d’otages pour s’assurer de la tranquillité de leurs parents, et s’« égyptianisent » en étudiant avec l’élite égyptienne).

C’est la fille du prince de Shaât, donc une princesse elle-même. Après la disparition de sa mère, et le remariage de son père avec une nouvelle femme, elle a été envoyée en Égypte en « offrande » à Pharaon. Sa mère était une magicienne. Hathor a hérité de ses pouvoirs. Elle peut entrer en transes quand elle danse, et communiquer ainsi avec les esprits de ses grands ancêtres.
Un admirateur de ses talents de danseuse, Aménothep fils de Hapou (le génial architecte et chef des travaux de Pharaon) lui a appris à écrire le hiératique.

Grâce à cette nouvelle science (exceptionnelle pour les filles !), Hathor peut correspondre avec son jeune frère Pa-Isty resté au pays, lui narrer sa vie au palais de Malqatta, lui présenter Néfertiti, qui la fascine, et avec qui elle va partager de plus en plus d’événements et de secrets…

Voilà, j’avais déjà un début de roman… Mais qu’il soit purement historique ne me suffisait pas.

J’avais envie à la fois de faire raconter l’histoire de la jeune Néfertiti par la jeune Hathor, mais aussi de garder un pied dans la réalité d’aujourd’hui, de « mettre en scène » cette incroyable fascination que Néfertiti exerce toujours sur nous
, et de donner un petit aperçu de ce qu’on sait ou croit savoir d’elle… De mêler le présent et le passé, et même plus, de « tisser des liens » entre passé et présent, comme cela peut se produire, grâce à notre imagination, dans notre vie de tous les jours…

Bref, il me fallait en plus, une héroïne d’aujourd’hui, qui partage ma passion pour Néfertiti. Ainsi est née Cybèle Payet… et ses aventures…

Cybèle a 15 ans, tout comme Néfertiti et son amie Hathor. C’est une vraie passionnée d’Égypte, une fan inconditionnelle de Néfertiti depuis qu’elle est gamine. Elle connaît tout sur elle et a même monté un site en son honneur. Grâce à ses connaissances, elle vient de gagner le deuxième prix à un concours inter-lycées sponsorisé par un fabricant de matériel numérique, intitulé « À la recherche de Néfertiti ». Son prix : la participation à des fouilles dans une île en Nubie, l’île de Saï, où se trouvent des ruines d’une ancienne colonie égyptienne du Nouvel Empire. Elle débarque là à l’occasion des vacances d’hiver, et découvre l’équipe d’archéologues français qui travaillent sur le site. Bérénice Davan est la membre « vedette » de l’équipe. C’est une jeune égyptologue française spécialisée dans tout ce qui a trait à la beauté au Nouvel Empire. C’est elle qui est chargée de « coacher » Cybèle.

Hasard ou non, Bérénice est comme Cybèle, une fan de Néfertiti… Hasard ou non, Cybèle permet aux archéologues de faire une découverte exceptionnelle : la tombe oubliée d’un contemporain d’Akhenaton et de Néfertiti, un dénommé Pa-Isty. Ils trouvent dans un coffre en or, des rouleaux de papyrus vieux de trois mille cinq cents ans. Ce sont des lettres écrites par une Nubienne dénommée Hathor, qui vécut au palais de Malqatta, en l’an 27 du règne d’Aménophis III.

Ce pourrait être une découverte révolutionnaire dans le petit monde des égyptologues parce que la jeune Nubienne semble avoir été proche de la célèbre Néfertiti. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur la future reine d’Égypte, et de vérifier certaines théories à son sujet à propos desquelles les spécialistes se disputent férocement. Toute l’équipe va se passionner pour les lettres — et la vie — d’Hathor, et ce qu’on y découvre également sur Néfertiti. Surtout, bien évidemment, les « fidèles » de longue date de la reine, Cybèle et Bérénice.

Cybèle, qui nous raconte dans le détail son expérience, va nous présenter ces lettres chronologiquement, au fur et à mesure de la traduction qui en est faite, émaillée de ses réflexions ou de celle des archéologues. Au fil du temps, elle va devenir de plus en plus obsédée par Hathor et Néfertiti, découvrir dans sa vie et dans les gens qui l’entourent, notamment les Nubiens d’aujourd’hui, de plus en plus de résonances avec le passé…

Et peut-être même rencontrer l’amour, tout comme Hathor et Néfertiti…

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Résumé et notes de lectures

Voir enfin l’Égypte, et marcher sur les traces de Néfertiti, Cybèle Payet en rêve depuis toujours ! C’est une vraie fan de la plus belle des reines. Ses connaissances lui ont permis de briller au méga concours interlycées « À la recherche de Néfertiti », et de gagner le deuxième prix : la participation à des fouilles archéologiques pendant les vacances d’hiver, dans une petite île au fin fond de la Nubie…

Rien à voir avec Néfertiti ? Pas si sûr. Grâce à Cybèle, les archéologues vont faire une découverte exceptionnelle : la tombe de Pa-isty, un Nubien qui vécut au temps de Néfertiti. Plus excitant encore, dans sa tombe, outre son sarcophage, sa momie, et son équipement funéraire, on trouve un coffret en or qui contient des papyrus remarquablement conservés, la correspondance de la sœur aînée de Pa-isty, Hathor, qui fut envoyée comme otage au palais d’Aménophis III. Da

ns la fièvre, les archéologues se mettent à traduire les lettres d’Hathor, qui narre à son frère sa vie à la cour d’Aménophis III. Ils découvrent avec stupeur qu’elle a très bien connu Néfertiti. Au moment où Hathor raconte sa vie, elle a 15 ans, tout comme son amie Néfertiti. Elles sont toutes les deux à la veille d’événements qui vont faire basculer leur vie… et l’histoire de l’Égypte. Cyb

èle aussi a 15 ans, et ce n’est pas la seule coïncidence qui semble la lier à Hathor et à Néfertiti. Entre le passé et le présent vont se tisser des liens étranges… Et les rencontres insolites vont se multiplier….